• L'Université africaine est historiquement le produit d'une relation de dépendance vis-à-vis de l'Occident. Secret de polichinelle! Dans sa sphère francophone comme dans sa zone anglophone, les traces d'une telle relation restent encore visibles à travers le contenu des enseignements et les lieux de publication des savoirs produits sur l'Afrique. Après moult stratégies infructueuses de sortie de crise, l'investissement de la diaspora intellectuelle africaine au fonctionnement et à la gestion de l'Université a récemment été présenté comme la recette miracle, obtenant l'adhésion d'organisations philanthropiques, d'agences de coopération étrangères et des États africains. Cet ouvrage est le premier à offrir une évaluation du degré d'engagement de cette diaspora. Il s'appuie sur des enquêtes instructives menées avec des enseignants-chercheurs africains en poste en Éthiopie, au Ghana, au Nigéria et au Sénégal, d'une part, et des membres de la diaspora universitaire africaine établis en Amérique du Nord, d'autre part. À la lumière des résultats de ces enquêtes, ce livre se conclut par une question dérangeante : le besoin de diaspora intellectuelle africaine ne rétablit-il pas simplement la dépendance de l'Université africaine vis-à-vis de l'Occident dont les agents seraient cette fois-ci non pas des coopérants européens mais des expatriés africains?

  • Aux sentiers battus et aux voies rapides, la poésie de Maurice Kamto préfère les espaces mitoyens: champs du souvenir, entre passé et présent, où, lentement s'estompent les propos des défunts; nefs sacrées avec leurs volutes de musique et d'encens, leur silence plein; et puis les accotements, ceux de la ville et ceux de la vie, où l'ordure le dispute au joyau. Cette poésie engagée nous engage à explorer les crevasses et fulgurances urbaines, à déchiffrer « les lignes de vie brisées longeant les accotements ». On ne peut sortir de ces mi-lieux qu'éclaboussé de boue et de lumière. Et quoique le poème, souvent, remette en cause son pouvoir véritable à dire tous les maux d'un quotidien réduit, pour le grand nombre, à un labeur infini, à une marche sans trêve, il aura réussi à « pousser un cri à hauteur de la peine » et à insuffler l'espoir que l'Afrique puisse se mêler elle aussi « à la marche conquérante/Des territoires nouveaux de la connaissance ». Les cinq cahiers d'Accotements abondent en vignettes étonnantes, en superbes portraits - d'hommes et de femmes, d'arbres et d'animaux - et en vers d'une beauté saisissante. L'art poétique de Maurice Kamto, largement révélé dans le poème intitulé « Rêveur », privilégie une parole qui ne saurait « s'épuiser dans l'évidence du me-voici-tout ». C'est dire qu'il faut lire, contre le grain et entre les lignes aussi, un recueil où sont tour à tour convoqués Césaire, Damas, Sony Labou Tansi, Tchicaya U Tam'si et Rimbaud. Maurice Kamto renoue ainsi avec une poésie qui veut « Faire advenir. Même l'impossible ». Sylvie Kandé

  • Etude très détaillée sur les fondements historiques des différentes formes de pouvoir des pays africains et de leur droit.

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