• Henriette, Renée et Gabrielle vivent avec leur père le baron de Charassin, au château de Domblans, où elles s'ennuient à leurs travaux d'aiguille.
    Les trois soeurs, isolées à la campagne, ignorent tout des tourments amoureux et des manipulations dont sont capables les coureurs de dot. Aussi, quand M. de Vaudrey arrive au château, il comprend très vite qu'une bonne dot lui est acquise et qu'il ne lui reste qu'à choisir une des soeurs. Il se décide pour Henriette, l'aînée, mieux dotée que ses cadettes. Gabrielle, le coeur brisé, accepte d'épouser un vieil ami du baron.
    Renée tire le triste bilan de ces unions désastreuses : pour elle, seule l'éducation des filles les libèrerait de leurs illusions sur le mariage, institution qui n'a d'autre objectif que de les livrer au bon vouloir d'un homme.

    Marie-Louise Gagneur (1832-1902) a publié des essais, des nouvelles et plus de vingt romans dont certains ont été réédités à de nombreuses reprises (27 pour La Croisade noire). Son oeuvre reflète son anti-cléricalisme et son engagement en faveur du pacifisme et d'une république sociale.
    Elle entre en 1864 à la Société des gens de lettres et interpelle l'Académie française sur la féminisation des noms de métier. Elle devient chevalière de la légion d'honneur par décret du 21 février 1901.

  • Un sujet brûlant agite le monde des lettres et les colonnes des gazettes pendant l'été 1891. Marie-Louise Gagneur (1832-1902), qui a publié des livres remarqués, n'en peut plus d'être appelée « auteur » ou « écrivain ». Elle s'adresse à l'Académie française pour que celle-ci prenne en considération la féminisation de certains mots dont le masculin s'est assuré l'exclusivité.
    En 2019, ça va mieux. Mais il y a fallu du temps, et il n'est pas inutile de rappeler un épisode de ce long combat qui passionnait, cette année-là, si pas les foules, au moins le monde intellectuel français.

  • (Revu par M.-L. Gagneur.)Il faut vous dire d'abord ce que je suis, car vous ne me connaissez guère. Je ne suis qu'un homme du peuple, un paysan comme vous, sans prétention au beau langage. Ce que je sais, je l'ai appris tout seul, en prenant sur mon sommeil pour étudier. Toutefois, pour n'être pas un avocat, on n'en a pas moins quelque entendement. Et je vais vous raconter la petite victoire électorale que le paysan Caboche, avec son gros bon sens et son humble parlotte, remporta sur les matadors de sa commune.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

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