• Un mâle

    Camille Lemonnier

    Cachaprès, le braconnier, court tel une bête sauvage à travers les bois depuis l'enfance jusqu'au jour où il aperçoit Germaine, la belle fermière. Pour la première fois, Cachaprès éprouve de l'amour, un amour fruste, sauvage mais sincère et Germaine se laisse toucher par l'emportement passionné de ce mâle terrible. Elle cède. Puis la lassitude arrive ; elle cherche à rompre ; mais le braconnier veille sur son amour avec une fureur jalouse, jusqu'à mourir. C'est l'éternelle histoire, l'éternel drame de l'amour.

  • Avec pour toile de fond la lumière rouge et démoniaque du laminoir, Lemonnier raconte parallèlement la dépravation progressive de Clarinette Huriaux et l'irrépressible montée de la violence sociale. Dans cet univers scellé par le mythe éternel du Feu, la femme découvre " la joie cruelle de sa perversité toute-puissante ", tandis que lentement gronde la révolte ouvrière à laquelle la grève apportera une éclosion brutale. Né et mort à Bruxelles, Camille Lemonnier a aussi vécu à Paris. Il consacra sa vie à la littérature et à l'art (L'École belge de peinture) et publia plus de cinquante volumes d'une grande variété. "Maréchal des Lettres belges", il se vit toutefois intenter, à Bruxelles et à Paris, trois procès en tant que "pornographe". Après la publication d'Un mâle, il devint le chef de fil du naturalisme en Belgique.

    Camille Lemonnier (1944-1913) est un écrivain bruxellois qui est considéré par beaucoup comme le chef de file d'un « naturalisme à la belge ». Avec la publication d'ouvrages comme Un mâle (1981), relation sulfureuse entre une fermière et un braconnier, il se rapproche de la veine réaliste par le choix de sujet touchant au monde rural et un traitement sans concession de la réalité. Des ouvrages plus politiques viendront compléter son oeuvre comme Happe-Chair (1886) ou La Fin des bourgeois (1892).

  • Stéphane, étudiant en droit à Louvain, cherche à échapper à l'ennui de la vie de province. Il rencontre Thérèse Monique, une belle jeune femme condamnée à rester célibataire par sa fréquentation d'un jeune Allemand qui l'a délaissée. Elle incarne ses rêves d'un amour pur et chaste, qui contraste bientôt avec les voluptés que lui offre la comédienne Nini. Pris entre ces deux figures féminines opposées, le narrateur raconte son initiation à l'amour, entre ville et nature, plaisir des sens et découverte de l'intériorité. Lemonnier révèle ici toute l'entendue de sa palette d'écrivain ; il décrit avec brio une kermesse à Louvain, les paysages de l'Ardenne autant que l'atmosphère d'une ville morte.

  • «C´est un drame rustique, farouche, émouvant, complexe, dont les personnages luttent et crient, et tuent pour l´honneur, pour l´argent, pour la terre surtout qui semble s´animer et devenir une vivante héroïne; tout cela est d´une intensité, d´une vigueur extraordinaires. À travers tout le livre il passe comme un large souffle, une senteur âpre et forte de nature et de vérité, et je ne crois pas que M. Camille Lemonnier ait rien écrit de plus poignant et de plus fort...» (Ph.-Emmanuel Glaser, "Le Figaro", dimanche 9 décembre 1906.)

  • Cet ebook bénéficie d'une mise en page esthétique optimisée pour la lecture numérique.

    Camille Lemonnier est un écrivain belge, figure marquant du naturalisme belge ce qui lui valut le surnom de Zola belge. Totalement fasciné par la psychologie et les comportements humains obscurs, il nous livre avec ces deux textes : Le Possédé et Mémoires de l'assassin un voyage dans les profondeurs de la folie où l'homme exprime toute sa bestialité.
    Pour son ouvrage Mémoires de l'assassin inspiré de l'histoire de Jack l'éventreur, l'auteur fera l'objet d'un procès pour atteinte aux bonnes moeurs, procès qui finira par un acquittement.

  • Camille Lemonnier : 23 mars 1844 -13 juin 1913. Comment ne pas répondre à l´appel de ce double 13 pour célébrer le centième anniversaire de sa mort ? Ainsi naquit, à l´Association des Écrivains belges de Langue française, l´idée des 13 Jeudis Lemonnier,

  • Noémie Larciel est maîtresse d'école à la ville. Affaiblie par une anémie, elle part se reposer dans un village des Ardennes. Elle tombe amoureuse d'un homme du village, mais elle va repousser sa demande en mariage, car elle estime ne pas pouvoir abandonner ses élèves qui ont besoin d'elle. L'eau suit sa pente, et la jeune institutrice aussi : «Comme va le ruisseau... comme vont les ondes de la vie, comme va l'élan des âmes.» Un texte à la narration simple, un livre qui ressemble à un beau pastel de Millet. L'auteur sait trouver le verbe juste, l'épithète vraie, le mot qui peint cette nature des Ardennes, qui décrit cette jeune femme franche et gracieuse. Une histoire dont l'authenticité est renforcée par quelques locutions du terroir paysan et de magnifiques descriptions de scènes de pêche à la ligne.

  • Je ne savais pas exactement quel âge j'avais : personne ne m'avait appris à compter les années ; et elle-même ne parvenait pas à dépasser le chiffre dix quand on lui demandait le sien.Je lui dis donc : « Quel âge as-tu ? » C'était la première fois. Elle me répondit comme à tout le monde : - J'ai dix ans.La terre, pour elle, avait dix ans comme sa propre vie et la vie de toutes les choses autour d'elle. Une mère n'avait pas marqué sur le mur par de petites lignes le degré de sa croissance en comptant : Un, trois, cinq, sept, et ainsi de suite jusqu'à l'âge qu'elle avait maintenant.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Première apparition dans la littérature d'un serial killer, par un auteur belge. En un transport, nos corps se nouèrent plus étroitement que si de tardives fiançailles enfin consommaient la souffrance d'un désir toujours insatisfait. Et quand, aux chaleurs et aux frissons de sa gorge, je conjecturai qu'un même spasme allait joindre éperdument nos haleines, - en cet instant précis, et avant qu'elle eût seulement soupçonné le geste qui éterniserait jusque dans les enfers et paradis sa volupté, - je pressai sur le rasoir et d'une fois lui tranchai les carotides ! Sur ses lèvres tôt violettes, décloses aux immortelles délices, - tandis que, jaillissant en torrentielles gerbes vermeilles, le sang arrosait les aréoles de son sein et fluait entre nos ceintures confondues, - je cueillis ensuite, avec le froid soupir où s'évagua son être, le souffle encore ardent de la minute qui de ses passives entrailles, peut-être pour la première fois, avait fait crier l'amour. Cette novella est une bonne occasion de se glisser le temps de la lecture dans la peau d'un serial killer ; elle permet aussi d'entrer dans l'oeuvre de Camille Lemonnier, qu'il n'est pas futile de comparer avec beaucoup d'ouvrages actuels, pâles copies délayées de ce qu'il a été le premier à proposer. (Extrait de la préface de Jan Thirion) Des confidences au ton délicieusement suranné et à l'écriture bourrée de talent... À découvrir sans délai ! EXTRAIT Que ceci soit ma suprême et mortuaire volonté, s'il est possible que celui qui si cruellement transgressa la Loi, - immuable symbole de l'omnipotente volonté des hommes, - ose invoquer, par-delà les jours, cette part de lui que dès l'instant du crime, il abrogea sous l'irrémissible et occulte ingérence d'une volonté à jamais maîtresse de ses destinées ! Je lègue à la science, - comme à la seule puissance humaine capable de m'absoudre, - avec ma cervelle, arsenal des ruses funestes et des diaboliques machinations, l'être pervers et compliqué qui pour moi-même demeura un insondable problème. À PROPOS DE L'AUTEUR Camille Lemonnier, né à Ixelles (Belgique) le 24 mars 1844 et mort dans sa ville natale le 13 juin 1913, est un écrivain belge. « Avec la débauche de couleurs de son auguste ancêtre Rubens, dont la sensualité joyeuse faisait de la moindre chose une fête perpétuelle et jouissait de la vie comme d'une éternelle nouveauté, Camille Lemonnier a su peindre en prodigue toute vitalité, toute ardeur, toute abondance. » Stefan Zweig.

  • UNE après-midi venteuse d'avril, dans le bourgeonnement pâle des haies, on vit descendre du bois quatre hommes qui en portaient un autre, tous noirs parmi ce paysage de pluie et de nuées, sans qu'on pût les reconnaître ; et ils allaient très lentement, grandissant à mesure. Comme ils approchaient des maisons, une femme qui balayait le pissat de sa vache au puisard, s'écria :
    - Tiens ! Lossignol !, c'est-il qu'il est foutu ?
    Mais l'un d'eux remua la tête :
    - Cor pas !
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Il y a une idée généralement adoptée dans le monde des jouets : c'est que les jouets ne sont pas faits pour les hommes, mais les hommes pour les jouets.Il est certain que pour rien au monde la petite dame que voici, avec sa belle robe prune, son chapeau à plumes et son manchon bordé d'hermine, ne consentira à appartenir à la petite fille qui chaque matin lui fait sa toilette ; bien au contraire, elle est convaincue que la petite fille est d'une nature inférieure à la sienne et elle se croit mise au monde pour être dorlotée, caressée, choyée, traitée en un mot comme une fille de duchesse qui n'a rien à voir avec les trivialités de la vie.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Les Charniers

    Camille Lemonnier

    - Va pour cinquante francs, dit l'aubergiste en marchant du côté de l'écurie.Depuis deux jours, les chevaux n'avaient pas reposé trois heures en tout, et de ses cinq bidets il ne restait au licol qu'un petit roussin à courtes jambes et un vieux grison ardennais, poilu comme une vache.On tira de l'écurie le roussin et le grison et on les mit à une pesante carcasse, montée sur quatre roues qui faisaient en roulant un bruit de vaisselles entrechoquées.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Et l'homme parti, elle traînait son ventre dans la maison encore vide d'enfant. C'était la première fois qu'elle sentait remuer en elle la semence d'amour. Ils s'étaient mariés au dernier Saint-André, lui, grand, fort, râblé, le front doux, le geste bourru, le coeur vaillant, toujours à la peine ; elle, petite femme mamelue et saine, largement plantée sur ses pieds. La noce avait duré deux jours, l'un qu'on avait passé chez les parents de Tys, l'autre chez les parents de Ka.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Jan Slim a beau être muet comme un poisson : on sait bien pourquoi Kobe Snipzel, le riche « pachter », passe deux fois la semaine sur la route qui va de Louvain à Bruxelles, lui qui, auparavant, n'y passait qu'une fois tous les dix jours.Tout le monde peut passer sur la route, il est vrai, car les routes sont libres en Brabant ; mais tout le monde n'entre pas chez « boer » Slim.Et pourtant, quand le cheval de Snipzel demeure une heure entière accroché par la bride à l'anneau de fer qui est scellé à la porte de Jan Slim, personne ne peut douter que son maître ne soit dans la maison.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Chaque nuit, un drame plein de mystère se joue dans la grande boîte où il y a un cerf, des chiens, un vieil ermite à barbe blanche, des valets et un petit chasseur noir.Quand approche minuit, les arbres viennent d'eux-mêmes se ranger dans le bois, la hutte de l'ermite se met debout, et l'on entend le son du cor, très doucement. C'est le signal.Aussitôt la jolie maison en planchettes de caisse à cigares, qui a six petites fenêtres toujours closes à l'étage, sous un toit projeté en auvent, se remplit d'une rumeur singulière qui grandit, finit par dominer tous les autres bruits de la boîte.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Si vous voulez bien, cher lecteur qui m'êtes inconnu, je m'en vais vous prendre le bras, et nous allons faire un tour de causerie au salon de cette année. Mon Dieu ! ne prenez pas la peine de mettre vos gants, et si vous avez la cravache à la main, gardez-la. Il ne faut point tant de géne aujourd'hui et les dieux sont bons enfants. N'allez pas surtout vous compromettre à parler d'art et montrer par là que vous avez une idée de ce qu'il pourrait être.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Noëls flamands

    Camille Lemonnier

    - Nous voici au plus beau jour de l'année, Nelle, dit joyeusement un homme d'une soixantaine d'années, grand et solide, à une bonne femme fraîche et proprette qui descendait l'échelle du bateau, des copeaux dans les mains. - Oui, Tobias, répondit la femme, c'est un beau jour pour les bateliers. - Vous souvenez-vous, Nelle, du premier Saint-Nicolas que nous avons fêté ensemble après notre mariage ? - Oui, Tobias, il y aura bientôt quarante ans.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

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