Gérard Desarthe

  • Martin Schulse et Max Eisentein, deux amis d'enfance, possèdent une galerie d'art à San Francisco. Malgré la crise qui a frappé les États-Unis puis le reste du monde depuis 1929, l'affaire marche plutôt bien. Martin, qui avait le mal du pays, rentre chez lui, à Munich. Max continue à faire tourner la boutique. Tout irait pour le mieux, mais en janvier 1933, le maréchal Hindenburg nomme à la chancellerie le chef du parti nazi, un certain Adolf Hitler. Max, qui est juif et qui s'inquiète pour sa soeur restée en Allemagne, demande à son grand ami Martin de veiller sur elle. Maurice Bénichou est Max. Sa voix, d'abord chaleureuse et pleine de nostalgie, devient inquiète, pressante, implorante même. À l'heure de la vengeance, elle est froide et implacable. Martin, c'est Gérard Desarthe. Son ton change aussi de mois en mois. Il devient enthousiaste, puis cassant, arrogant, méprisant, sûr d'appartenir à la race des seigneurs.

  • C'est à Londres, auprès de la France libre, qu'Albert Cohen apprend la mort de sa mère, à Marseille, en janvier 1943. Il est loin d'elle, sans possibilité même de lui faire un dernier adieu puisque les Allemands ont envahi la zone libre le 9 novembre 1942. La douleur submerge Albert Cohen. Il en naîtra presque immédiatement un texte admirable, Un chant de mort, qu'il reprendra en 1953 et qui deviendra dans sa version définitive Le Livre de ma mère.

    Gérard Desarthe aime les mots et les textes. Il aime les dire et les faire écouter. Il s'est emparé du livre d'Albert Cohen et nous rend l'émotion qui traverse ces pages, saturées d'amour et de douleur. Car pour lire Le Livre de ma mère, il fallait un très grand comédien qui ait la pudeur de servir le texte, de vous faire partager la tendresse, les larmes et la nostalgie qui affleurent à chaque minute.

  • Janvier 1917. Cinq soldats français condamnés à mort en conseil de guerre, aux bras liés dans le dos. Toute une nuit et tout un jour, ils ont tenté de survivre. Le plus jeune était un Bleuet, il n'avait pas vingt ans. A l'autre bout de la France, Mathilde, vingt ans elle aussi, plus désarmée que quiconque, aimait un Bleuet d'un amour à l'épreuve de tout. La paix venue, elle va se battre pour connaître la vérité et le retrouver, mort ou vivant, dans le labyrinthe où elle l'a perdu. Tout au long de ce qu'on appellera plus tard les années folles, quand le jazz aura couvert le roulement des tambours, ses recherches seront ses fiançailles. Mathilde y sacrifiera ses jours, et malgré le temps, malgré les mensonges, elle ira jusqu'au bout de l'espoir insensé qui la porte.
    On découvre dans ce livre, obstinée et fragile à la fois, attachante, bouleversante, une Mathilde qui prendra place parmi les héroïnes les plus mémorables de l'univers romanesque.
    Prix Interallié

  • Élève surdoué, poète maudit, mi-voyou, mi-débauché, mercenaire... Rimbaud (1854-1891) fut tout cela à la fois, et plus encore. À 16 ans, le plus génial des poètes français, admiré par Baudelaire, Verlaine et Mallarmé, écrit ses premiers poèmes pour s'évader de la réalité. Quatre ans plus tard, il renonce à l'écriture et se fait marchand, aventurier, négociant d'armes dans la lointaine Arabie... Un choix d'une vingtaine de poèmes extraits des deux recueils parmi les plus célèbres de la poésie française : Poésies et Une saison en enfer.

  • 1914. Mobilisation générale. La France est en guerre. Le Polonais Apollinaire fait sa demande de naturalisation pour s'engager auprès des soldats français. L'offensive allemande menace Paris et en attendant l'issue de ses démarches administratives, Apollinaire part pour Nice où résident plusieurs de ses amis. Là, il fait la connaissance d'une jeune femme qui, dès l'abord, le fascine. Elle s'appelle Louise de Coligny-Châtillon. Pour lui, elle sera Lou. Dès lors, de Nice où ils se sont rencontrés, puis de Nîmes où il a rejoint le 38e régiment d'artillerie et enfin du front où il s'est porté volontaire, Apollinaire se lance dans une folle correspondance. Ces lettres témoignent de son amour pour Lou. Un amour passionné et fulgurant.

    Gérard Desarthe donne vie à cette magnifique correspondance. Avec une force et une énergie captivantes, il retranscrit avec justesse et émotion le caractère entier d'Apollinaire, passant de la confiance et de l'enthousiasme à l'abattement total. Instants magiques et troublants. Gérard Desarthe est Apollinaire !

  • Paul Verlaine (1844-1896) est l'un des plus grands poètes français aux côtés de Baudelaire, Rimbaud ou Mallarmé. Ce choix de 27 poèmes tirés de sept recueils différents, Poèmes saturniens, Fêtes galantes, Romances sans paroles, La Bonne Chanson, Jadis et Naguère, Sagesse et Liturgies intimes, révèle la puissance d'un poète qui sait toucher le réel à travers la musicalité d'une rêverie. Une rêverie qui tend vers la sensation rendue et donne naissance, comme l'a dit Mallarmé, à un métal vierge et neuf.

  • Une sélection de vingt poèmes extraits du recueil de Paul Éluard, Capitale de la douleur, vingt poèmes parmi les plus évocateurs et les plus émouvants de cette anthologie, vingt poèmes exprimant la palette des sentiments amoureux de Paul Éluard à l'égard de sa femme Gala : de la joie d'aimer à des cris de désarroi. Des textes courts, rapides et saisissants qui donnent naissance à de merveilleux chants d'amour.

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