la-forcenee

  • Le terrorisme suicidaire frappe aujourd'hui aussi bien à Columbine ou Utøya, que dans les rues de Paris. Sa violence multiforme surgit de partout et repousse chaque fois les frontières de l'horreur. Soutenir que ces assassins sont des forcenés ou encore les soldats fous d'une armée ennemie ne suffit plus à comprendre un phénomène aussi effarant.

    Franco « Bifo » Berardi s'intéresse ici à la psychopathologie, mais aussi aux origines économiques et politiques de ces meurtres de masse de plus en plus fréquents. Il démêle minutieusement l'enchevêtrement de désespoir, de ressentiment, de nihilisme, d'affirmation identitaire et de quête de célébrité qui pousse ces hommes à faucher la vie des autres avant de mettre fin à la leur. En ressort cet examen d'un corps social déchiqueté par le pouvoir absolu du capitalisme, qui nous confine à une impasse, entre dépression et violence.

    Un état des lieux dont il faut prendre acte pour pouvoir à nouveau poser la question « Que faire ? » et chercher, dans la noirceur, d'éventuelles lignes de fuite.

  • Des êtres ont choisi de vivre intensément leurs amours, leurs plaisirs, leurs peines et leurs vices. Un homme que dévore un insatiable besoin de dépassement, d'une étrange autorité et d'une hargneuse séduction, les rassemble autour de lui et les conduit sur les pistes dangereuses des intrigues politiques. Rentrent en jeu des personnages humbles ou puissants, méprisables ou justes, mais toujours acharnés à réaliser leurs rêves malgré leurs doutes, leurs découragements nés d'aventures que leur prodigue un sort à la mesure de leurs caractères. En dépit des péripéties harassantes d'une existence bouleversée et des leçons qu'ils en auront tirées, ils retourneront à leurs passions irréductibles. Que ce soit le héros, André Barras, à qui le mensonge et l'audace forcent la porte du succès sans que l'abandonnent pourtant l'impatience et l'indécision profondes qui le rongent, ou sa femme qui ne trouvera qu'une heure d'amour au bout de la lutte, ou sa belle-soeur que des sursauts de honte n'arrachent pas à sa frénésie érotique, ou son richissime parent « loup parmi les moutons », ou bien son frère au coeur d'apôtre tourmenté, ou encore ses amis, ses maîtresses, ses ennemis mêmes, tous resteront attachés à la grande boucle de leurs destinées. Roman âpre, bien construit, d'une écriture solide, qui tiendra le lecteur en haleine jusqu'au dénouement.

  • Forcené franchouillard

    Nathan Pym

    Le milieu des top-modèles tremble. Elles se font descendre du podium une par une. Tout Paris a aperçu l'assassin à un moment ou un autre. Il exige qu'on le nomme « La Licorne ».

    Noémie Kimdall, la meilleure flic de France, cent kilos, dont la moitié en neurone se frotte à une vieille émission de télé ringarde sur des chanteurs masqués. L'un des anciens candidats doit être le tueur.

  • Max Drouin est passé, entre février 1944 et mai 1945, des prisons de Vichy - où il avait été interné comme résistant - aux camps trop fameux de Dachau, de Weiss-See, de Schneiderhau, d'Ohrdruf et de Buchenwald. En un peu plus d'un an, il connaît le sort des détenus « politiques » sous toutes ses formes : cellule, camp de travaux forcés, camp-mouroir. Sans doute n'a-t-il pas fait partie des convois juifs envoyés au crématoire, mais il a tout connu des poux, de la faim extrême, du froid, de la perte des forces, de la pleurésie, du wagon plombé, des humiliations et des violences ; on n'ose dire etc. Alors, par quel miracle ce livre donne-t-il un grand coup de fouet au moral ? Quelle gaieté grave permet de sortir comme revigoré d'un tel défilé d'ignominies ? C'est le miracle du courage et de l'espoir sans faille qui guide Max Drouin pendant ces quinze mois de misère et de mort. L'homme s'est trempé le caractère dans les équipes des Auberges de jeunesse, au temps du Front Populaire, il garde au coeur le goût des chants en commun dans les chorales qu'il a créées. Risque-tout, « anar », il admire en secret le sens de l'organisation des camarades communistes rencontrés, sans avoir, comme eux, le goût de la discipline. Ouvrier horloger, il excelle à décrire les travaux techniques, les bricolages de toutes sortes qui peuvent vous sauver la vie. Il trouve toujours en lui la ressource de communier avec la beauté de la nature aperçue entre les barreaux. Avant tout il aime ses frères les hommes. Si l'on n'avait peur de choquer sa modestie, on dirait que c'est un homme bon. H.B.

  • « UN NARRATEUR EXTRAORDINAIRE » DE TELEGRAAF, Pays-Bas

    Il y a au moins un bataillon de lance-flammes qui tourne sur lui-même comme une harde de sangliers fous furieux. De longues langues de flammes de feu jaillissent des tourelles et calcinent tout être vivant. Des milliers de prisonniers vêtus de rouge affluent depuis la prison GPU. C'est comme si les russes avaient deviné qu'ils allaient fuir et ils veulent les empêcher avec un mur de feu infranchissable, qui s'érige à perte de vue.



    Sven Hassel a été envoyé dans un bataillon de marche en tant que simple soldat de l'armée allemande. Avec un réalisme proche et brutal, il relate les atrocités de la guerre, les crimes des nazis et l'humour cynique et grossier des soldats. Des ventes qui dépassent les 50 millions d'exemplaires font de ses livres de guerre les plus vendus au monde.

  • Paradoxale fin du siècle : alors que les croisés de la morale sont de plus en plus virulents, les extrémistes du sexe exhibent leurs différences. De Paris à New York, en passant par la vieille Europe, aucun groupuscule, aucune tribu, n'a échappé au regard de Christophe Bourseiller. Néofétichistes, sadomasochistes extrêmes, adeptes de cultes érotiques, cyborgs, vampires, émules du cybersexe, néoféministes, body-artistes, sexe-performeurs, échangistes, mélangistes ou polyamoureux : toutes les figures emblématiques de cette nébuleuse du sexe sont rassemblées ici dans la singularité de leurs pratiques. Après des années de reflux, autant liées au sida qu'à la contestation de l'héritage de Mai 68, ces filles et fils incestueux des libertins et du marquis de Sade sont de plus en plus nombreux. La France est, d'ailleurs, l'une de leurs terres d'élection : Paris n'est-il pas la capitale mondiale de l'échangisme ? Auteur de plusieurs ouvrages consacrés aux extrémismes politiques et religieux, Christophe Bourseiller traque ici les lieux secrets, les usages et les codes étranges de ces forcenés du désir. Et si, sous leurs comportements marginaux, se cachait une véritable contre-culture ?

  • Mutsenap : contraction francisée de l'expression allemande "Mützen ab" (chapeau bas), un commandement qu'a connu tout prisonnier des SS... Dans la résistance depuis 1941, Max Drouin sera arrêté à Orange en tant que maquisard en février 1944, déporté en juin et ne reviendra qu'un an plus tard. S'il connaîtra l'enfer, Dachau et Buchenwald, il restera toutefois un forcené de l'espoir...

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