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  • L'Essai sur le don de Marcel Mauss est l'un des textes majeurs, si ce n'est le texte majeur, de l'anthropologie du XXe siècle. Par l'étude des systèmes d'échange de la kula et du potlatch, il démontre que le don fut historiquement l'un des moteurs de nos sociétés. À l'encontre de tout rationalisme le potlatch, pratiqué chez certaines tribus amérindiennes, amène au sommet de l'échelle sociale les individus capables de se défaire de tout ce dont ils possèdent. Un système qui se révèle radicalement opposé au nôtre, où les possédants détiennent le pouvoir.

    Dans cet ouvrage précurseur, Mauss bat en brèche bon nombre d'idées reçues sur les principes de l'échange et du don. Par-delà leur dimension économique une dimension spirituelle. "Nous n'avons pas qu'une morale de marchand " conclut Mauss.

    Marcel Mauss (1872-1950) est la grande figure de l'anthropologie française, ainsi que le neveu du sociologue Émile Durkheim. Il a construit pendant plusieurs décennies une oeuvre protéiforme et a marqué en profondeur l'ensemble des sciences humaines de son siècle. Son essai anthropologique sur le don a bouleversé notre regard historique sur l'économie. Il a su conjuguer son travail de recherche à des convictions socialistes, et s'engagea en particulier en faveur du colonel Dreyfus.

  • En 1721, Philippe d'Orléans est Régent de France. L'exercice du pouvoir est agréable, il y prend goût. Surgit alors dans sa tête une idée de génie : proposer à Philippe V d'Espagne un mariage entre Louis XV, âgé de onze ans, et la très jeune infante, Anna Maria Victoria, âgée de quatre ans - qui ne pourra donc enfanter qu'une décennie plus tard... Et il ne s'arrête pas là : il propose aussi de donner sa fille, Mlle de Montpensier, comme épouse au jeune prince des Asturies, futur héritier du trône d'Espagne, pour renforcer ses positions et consolider la fin du conflit avec le grand voisin.La réaction à Madrid est enthousiaste, et les choses se mettent vite en place. L'échange des princesses a lieu début 1722, en grande pompe, sur une petite île au milieu de la Bidassoa, la rivière qui fait office de frontière entre les deux royaumes. Tout pourrait aller pour le mieux. Mais rien ne marchera comme prévu...

  • Texte phare des sciences sociales, l'Essai sur le don, publié en 1925, a immédiatement suscité de nombreux commentaires. Ouvrant la sociologie durkheimienne à l'analyse ethnographique, il inscrit les sociétés du Pacifique, du potlatch amérindien à la kula mélanésienne, dans la culture occidentale.
    Dans une présentation essentielle, Florence Weber le situe dans l'histoire scientifique et politique du XXe siècle, et propose au lecteur d'explorer l'archipel des prestations sans marché.

  • 'Sécurité et discrétion! Hôtel du Libre-Échange, 220, rue de Provence! Recommandé aux gens mariés... ensemble ou séparément!...' Telle est la publicité qui, tombée entre les mains de l'entrepreneur Pinglet, suscite chez lui la folle envie de goûter enfin aux joies de l'adultère. Dans le Paris de la Belle Époque, tromper sa femme - même quand il s'agit de l'acariâtre Angélique Pinglet - n'a toutefois rien d'aisé. Pour serrer dans ses bras la jolie Marcelle, femme de son ami et collaborateur l'architecte Paillardin, Pinglet va devoir affronter une nuit de cauchemar et, dans l'hôtel borgne où il a réussi à l'attirer, échapper à tous ceux qui ne devraient pas se trouver là...

    Georges Feydeau, associé ici à Maurice Desvallières, repousse une fois de plus les limites de la mécanique vaudevillesque : comme Pinglet, spectateurs et lecteurs ne sont pas près d'oublier l'Hôtel du Libre-Échange...

  • Au commencement, il y a la "genèse des simulacres" : commutabilité du beau et du laid dans la mode, de la gauche et de la droite en politique, du vrai et du faux dans tous les messages des médias et des réseaux sociaux ; de l'utile et de l'inutile au niveau des objets, de la nature et de la culture à tous les niveaux de la signification. Tous les grands critères humanistes de la valeur, ceux de toute une civilisation du jugement moral, esthétique, pratique, s'effacent devant notre système d'images et de signes.
    La société de consommation abolit la distinction entre le nécessaire et l'accessoire ; elle crée sans cesse de nouveaux besoins. En cela, c'est elle, et nulle force subversive, qui instaure au coeur du système l'échange symbolique. Quoi qu'en aient dit les anthropologues, ce n'est pas uniquement dans les sociétés premières qu'existe cet échange, le potlatch - cette règle ancestrale qui oblige qu'à chaque présent soit rendu un présent supérieur. Ce duel symbolique conduit à la ruine de l'un des participants. L'échange symbolique devient chez Baudrillard (1929-2007) un principe de défi à tous les ordres en place, un principe qu'il juge supérieur à toute rébellion et à toute révolution (toujours menacées de récupération par le Capital lui-même). Il nous invite à "défier l'adversaire par un don auquel il ne puisse pas répondre, sinon par sa propre mort et son propre effondrement".

  • L'histoire d'Alpha commence par un assassinat, celui du banquier allemand Horowitz se rendant à un rendez-vous avec une certaine Assia Donkova. Localisée à Paris, cette belle Moscovite visite les galeries d'art, à la recherche de jeunes artistes à faire exposer en Russie. C'est ainsi qu'elle fait la connaissance du peintre Julien Morgan.
    Ni lui, ni elle d'ailleurs ne semblent être ce qu'ils prétendent être. Elle a en fait pour mission d'échanger des milliards de roubles en dollars. Lui, c'est Alpha, un agent de la CIA.

  • Le discours n'est pas seulement un message destiné à être déchiffré; c'est aussi un produit que nous livrons à l'appréciation des autres et dont la valeur se définira dans sa relation avec d'autres produits plus rares ou plus communs. L'effet du marché linguistique, qui se rappelle à la conscience dans la timidité ou dans le trac des prises de parole publiques, ne cesse pas de s'exercer jusque dans les échanges les plus ordinaires de l'existence quotidienne: témoins les changements de langue que, dans les situations de bilinguisme, sans même y penser, les locuteurs opèrent en fonction des caractéristiques sociales de leur interlocuteur; ou, plus simplement, les corrections que doivent faire subir à leur accent, dès qu'ils sont placés en situation officielle, ceux qui sont ou se sentent les plus éloignés de la langue légitime.
    Instrument de communication, la langue est aussi signe extérieur de richesse et un instrument du pouvoir. Et la science sociale doit essayer de rendre raison de ce qui est bien, si l'on y songe, un fait de magie: on peut agir avec des mots, ordres ou mots d'ordre. La force qui agit à travers les mots est-elle dans les paroles ou dans les porte-parole? On se trouve ainsi affronté à ce que les scolastiques appelaient le mystère du ministère, miracle de la transsubstantiation qui investit la parole du porte-parole d'une force qu'elle tient du groupe même sur lequel elle l'exerce.
    Ayant ainsi renouvelé la manière de penser le langage, on peut aborder le terrain par excellence du pouvoir symbolique, celui de la politique, lieu de la prévision comme prédiction prétendant à produire sa propre réalisation. Et comprendre, dans leur économie spécifique, les luttes les plus éloignées, en apparence, de toute rationalité économique, comme celles du régionalisme ou du nationalisme. Mais on peut aussi, à titre de vérification, porter au jour l'intention refoulée de textes philosophiques dont la rigueur apparente n'est souvent que la trace visible de la censure particulièrement rigoureuse du marché auquel ils se destinent.
    P. B.

  • Un livre aussi envoûtant que mystérieux qui porte le nom de « Nahik » contiendrait les dernières volontés du prophète Mahomet. Cet ouvrage serait susceptible de bouleverser entièrement les fondements de notre civilisation. C'est le destin de ce livre dangereux que vous invitent à suivre les auteurs du Décalogue.
    1882, sur un paquebot qui traverse l'Atlantique, deux femmes qui viennent de sympathiser, une riche, une pauvre, accouchent à quelques minutes d'intervalle de deux petites filles, Alice et Laetitia. Mais deux jours plus tard, le navire coule et Laetitia périt dans le naufrage. 20 ans plus tard à New York, Alice est, à cause de « Nahik », amenée à enquêter sur son passé. Une terrible surprise l'attend, dont l'exhumation va provoquer chez elle un véritable choc.


  • À la sortie d'un bar, une jeune femme menace un inconnu puis retourne son revolver contre elle-même et se suicide, ça ne regarde pas la police.

    "Tout au plus un épisode confus. Sans danger pour les tiers."
    Mais Guyot, le journaliste, s'obstine. Il veut comprendre. Il consulte des archives. Il lit les cahiers de la victime. Il cherche. Il ne voit pas les signaux d'alarme. Parfois, il vaut mieux laisser tomber. L'importance du passé est surestimée. Si les gens restaient tranquilles, tout irait mieux. Les voix se multiplient. Beaucoup de coups de fil. Entre les mots, du silence. Des menaces avérées. Des crimes. L'atmosphère est opaque, l'air raréfié.
    La mécanique de la violence est encore bien huilée ; les anciens maîtres du pouvoir policier des années 80 ont du mal à prendre leur retraite et veulent aussi parler de leurs sentiments.
    Dans une prose concise et d'une densité extraordinaire, l'auteur de L'Autobus écrit un roman politique et métaphysique très noir, et montre les remous des âmes perverses et les alliances troubles des pouvoirs institués.

    Magnifique et glaçant.

  • Si les arts de la rue forment un genre singulier et identifié, particulièrement en Europe ces trente dernières années, ils relèvent avant tout du théâtre. Or, il paraît essentiel de considérer que le théâtre n'existe que dans l'échange avec la vie, avec la ville, avec le public. Le théâtre de rue en est une bonne démonstration, qui questionne en retour l'état du théâtre. Au fil des entretiens avec des figures du théâtre de rue et des considérations d'observateurs avertis, le lecteur notera les mots, les motifs, les expériences, les trouvailles qui aident à définir le paysage d'un théâtre de rue qui se transforme devant nos yeux. Ce numéro se situe dans une double perspective. D'un côté, il prolonge l'ensemble des réflexions ouvertes par la revue Études théâtrales ces dernières années à partir des mutations actuelles du théâtre, en considérant ses évolutions en matière de dramaturgie, de mise en scène, de jeu de l'acteur, de scénographie, d'architecture. De l'autre, il prend appui sur un des festivals les plus importants en Europe en matière de théâtre de rue, le festival d'Aurillac.

  • L'échange de renseignements fiscaux s'est renouvelé avec l'actualité. Il est un des sujets les plus aigus de la fiscalité internationale. À l'ère de la transparence, la coopération entre les fiscs nationaux postule une juste conciliation entre deux idées importantes voire contradictoires : d'une part, la transparence fiscale justifiée par la solidarité des États contre l'évasion internationale ; d'autre part, la protection de la liberté des sujets privés. Cette étude entend identifier les contours les plus actuels du régime juridique international des échanges de renseignements fiscaux, y compris sous les modèles automatiques CRS et Fatca, ainsi que proposer des solutions pour dépasser les limites au défi de son application.

  • Dans la majorité des sociétés connues, la sexualité apparaît comme un échange asymétrique et non réciproque entre hommes et femmes, une compensation masculine pour une prestation féminine, un paiement qui peut revêtir les formes les plus variées en échange d'une sexualité transformée en service. Comment se fait-il que les hommes, même plongés dans les situations les plus misérables, peuvent se payer le service sexuel d'une femme - alors que non seulement les femmes n'ont pas, sauf exception, cette possibilité mais de plus n'ont même pas droit à leur propre sexualité ?

  • Les analyses ici réunies questionnent trois leviers de l'intégration au sein des sociétés euro-méditerranéennes plongées dans une crise systémique aux implications tant politiques que sociales : la question des langues qui fait du multilinguisme un élément essentiel dans l'ouverture à autrui ; celle des politiques éducatives, décisives dans la formation de compétences ; celle, cruciale, des circulations dans un espace moins ouvert qu'il n'y paraît, où la nature de ces flux, touristiques ou migratoires, conditionne les termes de l'échange.

  • Dans l'intimité de son cabinet, l'auteure psychologue, entend des inquiétudes, des angoisses. Très souvent, on lui relate le sentiment de décalge, cette solitude, cet ennui, cette impatience, cette peur d'être fou, qui sont le quotidien de bon nombre de surdoués de tout age. Ce livre veut apporter des réponses aux travers de ces échanges entre un psychologue et un patient. Il est possible d'être épanoui et sûr de soi en étant surdoué.


  • Format poche à l'italienne

    L'entretien professionnel est une occasion d'échanger sur son parcours, son projet professionnel, sur les possibilités qui sont ouvertes. Il est devenu obligatoire tous les deux ans, avec des règles précises à respec

  • " Personne ne vit ainsi... à moins d'avoir quelque chose à cacher. "
    Quand Caroline et Francis reçoivent une offre pour échanger leur appartement de Leeds contre une maison en banlieue londonienne, ils sautent sur l'occasion de passer une semaine loin de chez eux, déterminés à recoller les morceaux de leur mariage. Mais une fois sur place, la maison leur paraît étonnamment vide et sinistre. Difficile d'imaginer que quelqu'un puisse y habiter. Peu à peu, Caroline remarque des signes de vie, ou plutôt des signes de sa vie. Les fleurs dans la salle de bains, la musique dans le lecteur CD, tout cela peut paraître innocent aux yeux de son mari, mais pas aux siens. Manifestement, la personne chez qui ils logent connaît bien Caroline, ainsi que les secrets qu'elle aurait préféré garder enfouis. Et à présent, cette personne se trouve chez elle...Le premier roman explosif d'un nouveau talent du thriller, dans la lignée du Secret du mari de Liane Moriarty et du Couple d'à côté de Shari Lapena. " Du pur thriller domestique, plein de tension et de rebondissements. J'ai adoré ! " Lee Child

  • Comment faire face à l'enjeu de la gestion durable de l'eau dans les grandes métropoles, que ce soit dans les pays développés ou émergents ? Comment en concilier les quatre dimensions économique, technico-environnementale, sociale et politique, qui ne sont pas forcément compatibles ? À l'accès aux services d'eau et d'assainissement, enjeu sanitaire et social « classique », s'ajoute celui de l'interaction avec la ressource en eau. Les auteurs présentent ici les dimensions institutionnelles, historiques, économiques et sociales de ces enjeux, de façon comparée terme à terme entre la France et un grand pays émergent, le Brésil. D'abord est analysé le sens de l'emploi des notions de « service public », d'« intérêt général » et/ou d'« intérêts publics ou locaux » dans l'histoire contemporaine des deux pays. Est abordée ensuite la nécessaire reconstruction du lien entre les services publics des grandes villes et la ressource. Puis sont traités les thèmes classiques de la modernisation des services : les nouvelles échelles territoriales de gestion des services publics ; la régulation des services sous diverses formes dont la notion de contrôle social au Brésil ; les modes de financement tarifaires et notamment les tarifs sociaux. Enfin, sont explicitées les difficultés du développement de la gestion de la ressource par des comités de bassin dans les deux pays, l'expérience française ayant inspiré la brésilienne.
    Cet ouvrage rend compte de plusieurs années de recherches et de discussions entre des universités françaises et brésiliennes, conduites grâce à des financements de la coopération France-Brésil (Capes-Cofecub), et nationaux (ANR). Outre les spécialistes en urbanisme et en aménagement, ce livre espère toucher plus largement les sciences sociales ; et tous les acteurs de l'eau dans la coopération internationale, sans oublier les citoyens soucieux de se saisir des débats sur l'eau, dans leur complexité et des enjeux de la démocratisation de sa gestion.

  • Quel est le sens de la relation entre acteurs politiques, journalistes ou professionnels du divertissement dans les divers programmes proposés aujourd'hui aux téléspectateurs ? Peut-on se contenter d'opposer le sérieux et la profondeur de certaines émissions à la légèreté des talk-shows ? A quels types de transformation de l'activité politique, de la télévision ou des attentes des téléspectateurs renvoient l'existence et le succès de ces programmes ?

  • Parce qu'elles organisent la parole et la représentation du pluralisme, les assemblées sont des lieux d'ordre. Pourtant, du chahut dans l'hémicycle aux échanges d'insultes et parfois de coups, l'ordre parlementaire est souvent troublé. Les exemples récents (à la Rada Suprême d'Ukraine ou au Congrès américain lors de la réforme de la politique de santé) montrent que la violence n'appartient pas qu'au passé. Quel rapport les assemblées parlementaires entretiennent-elles avec le processus de pacification des moeurs politiques.

  • La lettre de Heidegger à Jünger est d'une importance capitale pour comprendre les écrits de Heidegger après la Seconde Guerre mondiale. En effet, cette lettre se situe au coeur même de toutes ses réflexions, qu'il s'agisse de la Technique, de la Raison, du Langage ou de la Métaphysique. Elle éclaire d'une lumière particulière non seulement les écrits d'après-guerre mais aussi la question, si controversée, si polémique, de l'importance du nazisme dans sa pensée.

  • Merveilleux instrument de progrès social ou monstre bureaucratique et mécanique perverse anti-économique, la Sécurité sociale fut tout au long de son histoire l'objet de haines tenaces et de déclarations d'amour enflammées. Dissocier les idéaux de la pratique, opposer les illusions chimériques à l'implacable logique des chiffres : tel fut, dès les premiers jours, le travail des opposants au système. Voici l'immédiat après-guerre français envisagé sous un angle original, tant la Sécurité sociale, déjà avant la guerre froide, constituait un catalyseur fondamental.

  • "Le rouble à Moscou, le dollar autour de l'aéroport et le troc dans le reste du pays" : voici les aléas monétaires de l'implantation du marché dans les années 1990 en Russie. L'ouvrage démonte les ressorts du troc dans les économies contemporaines. A l'encontre des économistes et de la vision négative d'un troc contraire au marché, Caroline Dufy affirme qu'il peut être une modalité des échanges dans les économies capitalistes, sans être nécessairement relégué au secteur informel.

  • Cet ouvrage s'intéresse à un type particulier de mobilité, celle des enseignants du premier degré dans le cadre de l'échange franco-allemand. Il met en lumière les multiples manières dont les enseignants concernés, ayant passé un an ou plus à enseigner dans le pays partenaire, évaluent les apports de cette aventure. Comment se sont-ils appropriés les ressources, comment ont-ils géré les contraintes ? Quel regard porte-t-il sur leur cheminement avant et après la participation à l'échange ?...

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