Métailié


  • Chargée d'écrire une préface pour l'extraordinaire journal que Marie Curie a tenu après la mort de Pierre Curie, Rosa Montero s'est vue prise dans un tourbillon de mots.

    Au fil de son récit du parcours extraordinaire et largement méconnu de cette femme hors normes, elle construit un livre à mi-chemin entre les souvenirs personnels et la mémoire collective, entre l'analyse de notre époque et l'évocation intime.
    Elle nous parle du dépassement de la douleur, de la perte de l'homme aimé qu'elle vient elle-même de vivre, du deuil, de la reconstruction de soi, des relations entre les hommes et les femmes, de la splendeur du sexe, de la bonne mort et de la belle vie, de la science et de l'ignorance, de la force salvatrice de la littérature et de la sagesse de ceux qui apprennent à jouir de l'existence avec plénitude et légèreté.
    Vivant, libre, original, ce texte étonnant, plein de souvenirs, d'anecdotes et d'amitiés nous plonge dans le plaisir primaire qu'apporte une bonne histoire. Un récit sincère, émouvant, captivant dès ses premières pages.
    Le lecteur sent, comme toujours avec la vraie littérature, qu'il a été écrit pour lui.
    "Rosa Montero aime le risque (...) et elle risque tout pour que nous nous remettions à croire dans les relations entre le langage et la réalité, dans le pouvoir des mots." - Enrique Vila-Mata.
    Les lecteurs espagnols ont accueilli ce texte avec enthousiasme (300 000 ex. vendus). Rosa Montero est née à Madrid où elle vit. Après des études de journalisme et de psychologie, elle devient journaliste puis chroniqueuse à El País.
    Elle est l'auteure de nombreux romans traduits dans plusieurs langues, parmi lesquels Le Territoire des Barbares, La Folle du logis, La Fille du cannibale (Prix Primavera et best-seller en Espagne), Le Roi transparent, Instructions pour sauver le monde, et Des larmes sous la pluie.

  • Soledad engage un gigolo pour l'accompagner à l'opéra et rendre jaloux l'amant qui l'a quittée. Mais à la sortie un événement inattendu et violent bouleverse la situation et marque le début d'une relation trouble, volcanique et peut-être dangereuse. Elle a 60 ans, le jeune homme en a 32. Soledad se rebelle contre le destin avec rage et désespoir, avec humour aussi, et le récit de son aventure se mêle aux histoires des écrivains maudits de l'exposition qu'elle prépare pour La Bibliothèque nationale. La Chair est un roman audacieux et plein de surprises, l'un des plus libres et personnels de l'auteur. Son intrigue touchante nous parle du passage du temps, de la peur de la mort, de l'échec et de l'espoir, du besoin d'aimer et de l'heureuse tyrannie du sexe, de la vie comme un épisode fugace au cours duquel il faut dévorer ou être dévoré. Le tout dans un style allègrement lucide, cruel et d'une ironie vivifiante. Une grande romancière raconte une séductrice impénitente aux prises avec les ravages du temps qui passe.


  • Madrid 2110.

    Lorsque le commissaire Lizard disparaît, la réplicante Bruna Husky, détective privée, se lance éperdument à sa recherche. Elle découvre à la télévision qu'il est l'un des treize otages qui seront exécutés, un par un, par des terroristes très jeunes et dont les revendications sont bien accueillies pas ceux qui souffrent dans un monde où l'air et l'eau doivent s'acheter. Bruna, qui compte de façon obsessionnelle le nombre de jours qui la séparent de son obsolescence programmée de réplicante, se met à compter aussi le nombre de jours avant que Lizard soit décapité.
    Dans son enquête elle découvre une colonie qui refuse la technologie ainsi qu'une structure du pouvoir qui remonte au XIVe siècle et pourrait dominer les technologies dont elle est elle-même issue.
    Dans ce monde secoué de convulsions multiples, les crispations populistes s'exaspèrent et une guerre civile devient inévitable. Tous se méfient de tous et ne restent que les liens anciens de l'amitié avec Yannis, le vieil archiviste dépressif, la farouche Gaby, les extraterrestres tendres et le boubi Bartolo, vorace et affectueux.
    Dans ce troisième volet des aventures de Bruna Husky, son personnage le plus proche et le plus intime, Rosa Montero construit avec virtuosité un univers bigarré, insolite et familier, elle provoque les émotions du lecteur, le secoue tout en l'amenant à réfléchir sur notre présent comme prémices du monde qu'elle nous décrit. Un roman intense à l'action trépidante sur les excès du pouvoir, l'horreur des dogmes, la mélancolie du passage inévitable du temps, la passion amoureuse.

    La lauréate du Grand Prix national des Lettres construit une brillante métaphore des temps que nous vivons.

    Rosa Montero est née à Madrid où elle vit. Après des études de journalisme et de psychologie, elle entre au journal El País où elle est aujourd'hui chroniqueuse. Best-seller dans le monde hispanique, elle est l'auteure de nombreux romans, essais et biographies traduits dans de nombreuses langues, parmi lesquels La Fille du cannibale (prix Primavera), Le Roi transparent et L'Idée ridicule de ne plus jamais te revoir.

  • Lorsque pour échapper au viol et à la mort la jeune Léola revêt l'armure d'un chevalier tué, elle ne sait pas qu'elle va dorénavant devoir vivre comme un homme et apprendre à se battre. Nynève la rousse, la guérisseuse, la sorcière, devient son guide et l'aide à grandir et à faire sa route de femme indépendante dans ce Moyen Âge réel et fantasmé qui permet au talent de conteuse de Rosa Montero de nous montrer, en l'espace d'une vie, un siècle qui marque l'ouverture du Moyen Âge vers la Renaissance.
    Léola va apprendre à penser et à écrire, fréquenter la cour d'Aliénor d'Aquitaine, voir la corruption de l'Église et le fanatisme de l'Inquisition, admirer la lutte des Cathares, découvrir les pouvoirs de l'imagination et rêver du roi Arthur tout en évitant soigneusement la malédiction du Roi Transparent.
    Le grand talent de Rosa Montero est de savoir tenir le lecteur prisonnier de son histoire tout en l'amenant à s'interroger sur un siècle turbulent et déroutant peut-être à l'image du nôtre.
    Émouvant et épique, original et puissant, ce roman a la force irrésistible des histoires que le lecteur a du mal à abandonner.

  • Des larmes sous la pluie Nouv.

    États Unis de la Terre, 2109. Les réplicants meurent dans des crises de folie meurtrière tandis qu'une main anonyme corrige les Archives Centrales de la Terre pour réécrire l'histoire de l'humanité et la rendre manipulable.
    Bruna Husky, une réplicante guerrière, seule et inadaptée, décide de comprendre ce qui se passe et mène une enquête à la fois sur les meurtres et sur elle-même. Aux prises avec le compte à rebours de sa mort programmée, elle n'a d'alliés que marginaux ou aliens, dans ce tourbillon répressif de vertige paranoïaque. Rosa Montero choisit un avenir lointain, hérité de Philip K. Dick et de Blade Runner, pour nous parler de ce qui fait notre humanité, , la certitude de notre mort et de celle de ceux que nous aimons. Ses personnages sont des survivants qui s'accrochent à la morale politique, à l'éthique individuelle, à l'amitié et à l'amour.
    Elle construit pour nous un futur cohérent, une intrigue vertigineuse et prenante pour nous parler de notre mort et de l'usage que nous faisons du temps qui nous est imparti. Elle écrit avec passion et humour, les outils essentiels pour comprendre le monde.

  • Si votre mari va aux toilettes dans un aéroport et disparaît, si ensuite vous recevez une demande de rançon venant d'une organisation terroriste et que vous êtes l'auteur d'une série de livres pour enfants dont le héros est Belinda la cocotte, que faire ? Pleurer d'abord puis décider de comprendre ce qui vous arrive. Et si la chance veut que vous rencontriez vos voisins de palier dont l'un se révèle être un vieil anarchiste octogénaire, ancien torero, compagnon de Durruti, dont les récits de la guerre d'Espagne vont former la toile de fond de vos soirées, et l'autre un garçon de 20 ans naïf et terriblement attirant, vous découvrez comme Lucia que vous ne tenez finalement pas tant que ça à ce mari disparu et qu'il est temps de donner un sens à votre vie.
    Ce beau roman, prenant, bien construit, plein d'humour et d'émotion, raconte à trois voix le passage de la jeunesse à la maturité, cette frontière de la quarantaine où l'univers se réorganise et où nous croyons pouvoir déchiffrer l'énigme que nous sommes pour nous-même.

  • Zarza est réveillée un matin par une voix qui lui murmure au téléphone Je t'ai retrouvée. Elle prend la fuite, poursuivie par quelqu'un ou quelque chose lié à un passé qu'elle cache et veut oublier. Pendant vingt-quatre heures de vertige, la fugitive va parcourir tous les territoires de l'enfer: les bas-fonds de la drogue, royaume nocturne de la Reine, la misère, les relations étranges qu'elle entretient depuis l'enfance avec son père et son frère jumeau... Tout surgit à nouveau avec la force irrésistible des fleuves infernaux, en un parallélisme angoissant avec les sombres légendes médiévales sur lesquelles elle travaille.
    Parfaite connaisseuse des méandres de l'affectivité, elle construit des personnages inoubliables et troublants.
    Voici le grand roman d'un auteur qui allie écriture, psychologie et intrigue magnifiquement menée.

  • Dans la Buenos Aires des années 50, à l'ombre de la dictature, Santiago, un jeune provincial, réparateur de machines à écrire, se retrouve responsable de la rubrique ésotérique du journal où il travaille et informateur du ministère de l'Occulte, organisme officiel chargé de la recherche sur ces thèmes et les vérités qu'ils recouvrent.Malgré son scepticisme à l'égard du surnaturel, Santiago assiste à une rencontre de spécialistes des superstitions, y est témoin d'un meurtre et mis en contact avec "les antiquaires", des êtres extraordinaires qui vivent dans la pénombre entourés d'objets anciens, vendent de vieux livres et sont la proie de la soif primordiale, celle du sang. Le hasard ou le destin, mais surtout un étrange amour, puissant et troublant, amènera Santiago à ne plus résister à cette soif et il devra alors chercher à survivre, peut-être pour l'éternité, dans un monde hostile.

  • Le poids du coeur Nouv.

    Bruna Husky, la réplicante de combat des Larmes sous la pluie, a du vague à l'âme, la brièveté de sa vie programmée l'angoisse. Sa nouvelle enquête l'embarque dans une sombre affaire de poubelles atomiques aux confins du monde connu, dans une zone où règne une guerre permanente. Elle est accompagnée dans son aventure d'un "tripoteur" séduisant autant qu' inquiétant et d'une réplicante née de la même matrice industrielle qu'elle, son portrait craché. Cet alter ego plus jeune l'amène à s'interroger sur son humanité et son destin. Ses vieux amis, Yiannis l'archiviste, qui change d'humeur au gré de sa pompe à endorphines, Bartolo le boubi glouton, le taciturne inspecteur Lizard sont toujours là pour lui sauver la mise. Bruna Husky est une survivante qui se débat entre l'indépendance totale et un besoin d'affection désespéré, un animal sauvage prisonnier de sa courte vie. Rosa Montero construit des mondes extraordinaires, étranges et cohérents, avec une maestria de conteuse hors pair. Elle écrit tout à la fois un roman d'aventures politique et écologique, un thriller futuriste, une réflexion sur la création littéraire, une métaphore sur le poids de la vie et l'obscurité de la mort... et rappelle l'urgence de vivre et d'aimer quel que soit le monde qui nous est dévolu.

  • Un vieil homme hagard, entouré de sacs remplis de vêtements, est abandonné dans un self-service sur les Champs-Élysées. « Ne les laissez pas me tuer », cest tout ce quil sait dire.
    Pripiat, ville fantôme, à trois kilomètres de la centrale de Tchernobyl : dans les rues désertes, entre la grande roue neuve et les autos tamponneuses abandonnées, pas âme qui vive. Sauf les samosiol, ceux qui sont revenus dans la zone interdite. Laurenti Bakhtiarov chante Demis Roussos devant la salle vide du ciné-théâtre Prometheus, deux Américains givrés testent les effets de la radioactivité sur leur corps Au cur dune apocalypse permanente, Vassia, lhomme à vélo, croit encore à la possibilité dune communauté humaine.
    Ce roman magistral est librement inspiré de la vie de Vassili Nesterenko, physicien spécialiste du nucléaire, devenu lhomme à abattre pour le KGB pour avoir tenté de contrer la désinformation systématique autour de Tchernobyl.
    Des paysages hallucinés aux aberrations du système soviétique, Sebastián signe un texte dune force rare, à la fois glaçant et étrangement beau, hymne à la résistance dans un monde dévasté.

  • Carlos emmène son fils Jorge en montagne pour un week-end entre hommes, c'est sa mère qui l'élève et il le voit très peu. Il le trouve étrange, trop rond, trop bébé pour ses quatorze ans, bref il est déçu par cet ado renfermé et maladroit dont il veut faire un homme, un vrai. Mais dès le début de la balade c'est Carlos qui découvre ses limites physiques et son incapacité à communiquer avec son enfant. Le séjour s'annonce difficile, surtout qu'au chalet les attend la nouvelle petite amie de Carlos, qu'il ne l'a pas dit à son fils et qu'elle n'est pas un modèle de discrétion.Carmen restée en ville tombe sur un manuscrit laissé chez elle par Carlos, un polar scabreux et terriblement efficace ; peu à peu elle y voit de drôles de ressemblances avec la réalité, des prémonitions macabres, des menaces à peine voilées contre elle ou contre son fils. L'angoisse monte, les sous-entendus se multiplient. Elle tente d'appeler Jorge, mais Carlos a confisqué son téléphone. Désespéré et humilié le garçon s'enfuit dans la forêt et disparaît... On ne lâche plus ce roman parfaitement noir où tout le monde, lecteur inclus, s'échine à lire entre les lignes « ce qui n'est pas écrit », et s'imagine le pire. Thriller psychologique basé sur les rancoeurs et les frustrations, se déployant dans une nature inquiétante sur une trame de film d'horreur habilement construite, ce texte confirme la virtuosité stylistique et l'inventivité narrative de son auteur.

  • Brusquement tirée de l'orphelinat, une fillette se retrouve dans un quartier populaire agité, au sein d'une famille de saltimbanques, sous la protection de sa grand-mère doña Barbara, une forte femme. Elle va désormais vivre en compagnie d'Amanda, sa tante soumise à un mari égoïste et tyrannique, de Chico, son cousin taciturne et observateur attentif de la vie du quartier, et surtout de la naine Airelai, incarnation de la magie et de l'imagination dans ce contexte difficile et marginal. Tous attendent le retour de Maximo, le père, admiré de tous, symbole de libération.
    L'enfant échappe à la cruauté et à la dureté du réel en posant sur lui un regard neuf nourri de fantaisie et de rêve, et en se construisant un monde imaginaire, où tout prend des couleurs et des dimensions hors du commun.
    Rosa Montero est non seulement une narratrice qui construit des intrigues solides, mais elle sait aussi les situer dans un monde insolite et foisonnant qui lui appartient en propre. Elle nous parle ici de ce que nous avons en nous sans avoir eu à le conquérir : la sagesse de l'enfance, ce temps de solitude qui est le ferment nécessaire de la liberté.

  • Tout commence en 2012 à Madrid avec le cadavre d'un bijoutier égorgé, un message épinglé sur la poitrine. Il vendait et achetait de l'or aux familles victimes de la crise, il était aussi usurier. Mais c'est le troisième cadavre de la série. Le jeune inspecteur Alarde, perspicace et réfléchi, est chargé de l'enquête, et il tente de recomposer le puzzle. Les suspects sont nombreux et les mécanismes complexes de la cupidité prennent des formes variées : évasion des fortunes vers les paradis fiscaux, vol d'héritages, fausse croisade contre les usuriers... Dans un Madrid ultra réaliste, avec sa trame policière extrêmement bien construite et ses personnages originaux, ce roman va bien au-delà de l'enquête policière et nous parle de la violence avec laquelle s'impose "la règle de l'or' dans une société en déliquescence. Il est nourri de l'indignation et du sentiment qu'ont les Espagnols d'être escroqués depuis le début de la crise.

  • Dans le lotissement El Tomillar, sur les hauteurs de Madrid, des "couples d'amis' boivent des cocktails tout en échangeant les derniers commérages. Ex-militants communistes, reconvertis en puissants bourgeois de la transition espagnole - il y a là un écrivain primé, une libraire charismatique, un dignitaire du psoe, une photographe et Luis Lamana, alias le Gros, ex-leader du groupe, qui revient tout juste des États-Unis mince, millionnaire et marié à une femme fascinante -, ils ont fondé des familles et remisé leurs utopies. Comme tout le monde. Johnny, rejeton lucide cette génération, écrivain de romans d'espionnage, cherche son père sur les photos d'époque, et enquête sans trop de conviction sur le meurtre jamais résolu d'un de ses amis d'enfance. Avec quelques maigres éléments - un livre de comptes, un Llama m82, le relevé d'une partie d'échecs - et une acidité qui n'exclut pas la tendresse, il réécrit le passé, déboulonne les mythes et tire à boulets rouges sur cette petite société abonnée aux hypocrisies et aux renoncements. Rafael Reig est un narrateur impitoyable, qui adore manipuler ses personnages, quitte à les entrechoquer cruellement. Cynique et pince-sans-rire, il convoque un à un ses personnages au tribunal de l'histoire selon une mécanique précise de galerie des glaces - superposition des époques, vertige des destins individuels, puissance de l'ellipse. Ce qui pourrait n'être que le portrait au vitriol doublé d'un règlement de comptes générationnel devient, par la force des personnages, la vigueur du style, le brio des intrigues emboîtées, une histoire universelle : peut-on vraiment demander des comptes à chaque génération ? Qui est coupable, dans l'histoire ? Le jeu d'échecs porte bien son nom, on y obéit à des règles qu'on n'a pas choisies, contre des adversaires de hasard, et comme dans la vie, vainqueur ou perdant, on est assuré d'y laisser des plumes.

  • Deux petites filles de trois et quatre ans sont enlevées en plein jour ; l'une d'elles est retrouvée morte, atrocement mutilée, l'autre est portée disparue. Enceinte jusqu'aux dents, Victoria González, journaliste et détective, reçoit un chèque anonyme de 30 000 euros avec l'ordre d'enquêter sur l'enlèvement, et surtout de retrouver au plus vite la deuxième petite fille.
    Flanquée parfois d'un adjoint accro à la bière brune, Victoria plonge alors au coeur de l'enfer. Elle écume les bas-fonds de Barcelone, du Raval, peuplé de prostituées, d'alcooliques et de tous les immigrés échoués là en attendant l'avenir, jusqu'aux Viviendas Nuevas, cité semi périphérique sinistrée, ghetto de pauvres où tout s'achète et se vend à ciel ouvert, y compris les pires perversions. Entre les toxicos qui divaguent, les clodos passifs, les tueurs à gages sentimentaux, les mères folles, toute la ville semble avoir un penchant pour l'horreur et personne ne sera sauvé. Victoria elle-même a bien du mal à échapper à ses vieux démons, à son passé de petite frappe bourrée d'addictions. Seul moyen de se calmer les nerfs : la haine systématique contre d'innocents petits animaux domestiques.
    Féroce et sans concession, Cristina Fallarás nous entraîne bien loin du Barrio Gótico et de la Sagrada Família : ici la famille est un précipité de haine et les décors sont sordides, on est à l'envers de la ville. Une écriture coup de poing qui n'épargne personne.

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