LA BACONNIERE

  • D'abord il y a un voyage au Caire de plus d'un mois. Un dépaysement total. Une confrontation entre la vulnérabilité de la voyageuse et l'injonction de la découverte.
    Et puis il y a un deuxième temps: ce que ce voyage initiatique a laissé quelques années après. Le souvenir encore précis de situations, souvent inquiétantes.
    Enfin il y a ce troisième temps: le voyage quelques années après. Ce qu'il en reste encore de chair à vif et de lumière mais surtout comment l'écriture du présent remplace l'écriture du journal.

    Ce texte porté par une langue éblouissante de clareté, pose des questions rarement traitées. Quelles sont les peurs et surtout quel est l'imaginaire de l'agression de la voyageuse? Comment voyage une femme en pays arabe? Et enfin, que reste-t-il de ces voyages si formateurs?

    Pierrine Poget est née en 1982 à Genève, d'un père suisse et d'une mère anglo-roumaine. Elle a étudié la littérature et l'histoire de l'art à l'université de Genève. Elle est cofondatrice de l'association C-FAL, Centre de formation littéraire et artistique. Elle a publié plusieurs recueils de poésies dont Fondations aux éditions Empreintes en 2017 qui a reçu le prestigieux Prix suisse de poésie, C-F Ramuz.

  • Le domaine

    Federigo Tozzi

    Remigio, un jeune homme, reçoit en héritage un domaine agricole que lui disputent sa belle-mère et la maîtresse de son père, soudainement décédé. Remigio rejette le modèle autoritaire que lui proposait son père mais, par trop naïf, nevrosé et dépourvu d'expérience, il ne parvient pas à lui trouver une alternative valable.

    Il ne devient pas un bon maître, il ne sait ni commander ni se faire respecter par ses ouvriers agricoles. Sa bonté naturelle et ses nombreuses maladresses sont autant de poisons. C'est le type même de l'inadapté rêveur voué à endurer la cruauté humaine. Son double, Berto, un ouvrier agricole non moins inadapté que son maître et qui le déteste ouvertement, l'abat d'un coup de hache sans vrai motif.



    Federigo Tozzi (1883-1920) est un poète et romancier italien qui compte parmi les premiers modernistes. Son oeuvre repose sur un style personnel novateur et l'évocation obsessionnelle de Sienne et de ses alentours. Occultée sous le fascisme, redécouverte dans les années soixante, son oeuvre obtiendra la reconnaissance unanime de la critique qui le tient depuis lors, avec Luigi Pirandello et Italo Svevo, pour l'écrivain italien le plus original et novateur du début du 20è siècle italien.

  • Il fallut 25 ans à Raymond Isidore (1900-1960), dit Monsieur Picassiette, pour bâtir sa cathédrale au pied de celle de Chartres. Une cathédrale élaborée avec des débris de vaisselle, aujourd'hui transformée en musée. Raymond Isidore, construira cette oeuvre monumentale en recouvrant chaque centimètre de sa maison, mobilier inclus, de mosaïques et de fresques. L'italien Edgardo Franzosini propose une biographie libre de ce Monsieur «Pique-assiette» ou «Picasso-assiette» désormais apparenté à l'art brut. Pour l'écrire, il a, à son tour, récupéré des morceaux épars de la vie de Raymond Isidore et de son époque dans des chroniques et des écrits, et en a fait une oeuvre littéraire. Le livre est dédié à Marcel Schwob et à ses Vies immaginaires.

    Edgardo Franzosini (La Valletta Brianza, 1952) est un écrivain, biographe et traducteur italien. Monsieur Picassiette: Raymond Isidore et sa cathédrale est paru en Italie en 1995. Il a également écrit des oeuvres biographiques libres et érudites sur Arthur Rimbaud, l'acteur hongrois Bela Lugosi et le sculpteur Rembrandt Bugatti. Bela Lugosi. Biographie d'une métamorphose est paru à la Baconnière en première traduction française en janvier 2020. Il a été accueilli par un beau succès critique.

  • La valise

    Sergueï Dovlatov

    Huit objets sortis de la valise de Dovlatov lors de son exil sont autant de prétextes à des récits autobiographiques:- Les chaussettes finlandaises- Les chaussures du maire- Un costume croisé convenable- Le ceinturon d'officier- La veste de Fernand Léger- La chemise en popeline- La chapka- Les gants d'automobilisteChacun de ces objets lui rappellera une histoire particulière de sa vie en URSS; des histoires qu'il racontera avec concision dans des textes haletants, drôles et au rythme nerveux.La Valise a une composition particulière («cubique» dira le critique Elisseïev) qui lui donne un cadre très intime où affleurent plus que jamais nostalgie et tristesse face à l'absurde. Mais, comme toujours chez Dovlatov, c'est la dérision et l'ironie tendre qui l'emportent.

    Sergueï Dovlatov (1941-1990) est né dans l'Est de la Russie. Journaliste dans des journaux de province, il ne sera jamais publié de son vivant en Union Soviétique, ses écrits y sont taxés d' «idéologiquement hostile». Il émigre aux États-Unis en 1978 (à 37 ans) où ses écrits, romans et nouvelles, des comédies autobiographies, y sont enfin publiés, notamment dans The New Yorker. Il est aujourd'hui unanimement acclamé par la critique russe et ses récits sont très populaires en Russie.

  • L'oiselier

    Daniel de Roulet

    Dans les années 1970, la Suisse aussi est confrontée à un mouvement autonomiste et séparatiste. Manifestations, occupations d'ambassades, attentats, Front de Libération Jurassien, la situation dégénère entre les francophones du Nord et les alémaniques du Sud. Craignant une guerre civile, le gouvernement fédéral cherche une issue honorable, un compromis helvétique.Mais entre septembre 1977 et mars 1978, trois cadavres et un enlèvement viennent troubler la sérénité du pays et mettent en danger la solution négociée de l'affaire jurassienne.Pour tâcher de comprendre ces faits véridiques, Daniel de Roulet a imaginé un enquêteur en la personne d'un journaliste mythique du XXe siècle, Niklaus Meienberg.

    Daniel de Roulet, né en 1944 a grandi dans le Jura suisse. Il est l'auteur d'une trentaine de livres, dont le récent Les dix petites anarchistes (Buchet Chastel, 2018).

  • Inflorescence

    Raluca Antonescu

    Quatre femmes de différentes générations de 1911 à 2007 se constuisent en miroir de leur jardin. Que ce soit à la campagne ou en ville, en France, en Suisse ou en Argentine, ces femmes, qui traversent de lourdes épreuves, plongent les mains dans la terre.

    La transmission consciente et inconsciente au sein d'une famille et l'histoire des mentalités face à la nature nourrissent ce roman.

    A la jonction de la nature writing et du féminisme, ce texte servi par une écriture sensorielle - particulièrement marquée par le sens du touché - a une sensibilité très contemporaine.

    Enseignante d'arts visuels à Genève, Raluca Antonescu est originaire de Roumanie et le français est sa troisième langue. Romancière travaillant principalement le roman choral, elle a déjà publié deux livres, l'Inondation et Sol qui ont obtenu une bonne réception critique et ont été publiés en poche à la Baconnière.

  • Journal 1944-1945

    Anita Pittoni

    Anita Pittoni est une personnalité fascinante du monde artistique et littéraire triestin du XXe siècle. Tenu entre le 18 octobre 1944 et le 5 août 1945, ce Journal a pour toile de fond la fin de la guerre à Trieste et l'occupation yougoslave, les bombardements et les retraits précipités dans les abris. Mais son objet est tout autre, il est tendu vers la création, la liberté d'être et d'écrire. Explorant l'intime à l'instar du Journal de Katherine Mansfield qui l'a beaucoup inspirée, il tient tout entier dans l'examen de la persévérance d'une vie intérieure riche et de la disponibilité de temps et d'esprit pour réfléchir. Sa liberté de jugement étonne et son don pour l'introspection séduit.Ce Journal explore aussi son rapport à la sensualité, au corps, aux lignées de femmes de sa famille et surtout expose ses sentiments amoureux pleins de craintes et de fulgurances.On y croise l'entourage d'Anita Pittoni, les intellectuels de Trieste, son compagnon Giani Stuparich, le poète Umberto Saba qu'elle publie... Si elle s'attarde longuement sur les relations humaines et les angoisses qu'elles génèrent, elle décrit aussi minutieusement le réseau de créateurs essentiel dans ces heures dures et sur lequel elle s'appuie pour avancer.

    Anita Pittoni (1901-1982) est une femme de lettres italiennes. Elle a été styliste, écrivaine, éditrice. Dans le domaine de la mode de l'Italie des années 1950 puis amie des intellectuels triestins parmi lesquels Roberto Bazlen (l'un des fondateurs de la célèbre maison d'édition Adelphi) et le poète Umberto Saba, elle tenait salon et a monté une maison d'édition, Lo Zibaldone, au catalogue remarquable (Italo Svevo, Umberto Saba, Giani Stuparich, Benedetto Croce...).

  • Le propos de cet essai remet en question le confinement du champ de l'intelligence artificielle dans le domaine décisionnel. D'abord en considérant l'artificialité fondamentale de toute forme de pensée collective, en commençant par le langage lui-même. En élargissant ainsi la perspective, la parole, comme tout système symbolique matérialisé, apparaît comme une construction artificielle qui médiatise le rapport au non-maîtrisable, à l'innommable, à l'insaisissable, en d'autres mots : le rapport à la nature.

    Né en 1978, André Ourednik est docteur en géographie et data scientist pour la Confédération helvétique.

  • Le roman réaliste est le roman-feuilleton de la société démocratique engendrée par la Révolution française. Lui-même genre démocratique, il fait entendre le pluralisme des discours libéraux, socialistes, chrétiens, monarchistes... Cette prose est politique : elle ne représente pas le réel, elle questionne les discours de son temps sur le réel. À travers le destin des personnages, depuis le jeune homme cherchant sa place jusqu'aux comparses figurant les invisibles de la société, la fiction réaliste pointe les pathologies d'une démocratie qui n'arrive pas à faire cohabiter la liberté, l'égalité et la fraternité. Balzac, Stendhal, Flaubert, Hugo, Zola portent ces interrogations dans des récits qui débordent leurs opinions d'individus en une pensée romanesque qui résonne fortement aujourd'hui.

    Philippe Hamon est professeur émérite et ancien vice-président d'Université de Paris III; Il est spécialiste de la théorie littéraire et auteur d'essais sur la poétique du récit, sur l'esthétique, la stylistique et le contexte culturel et inter-sémiotique de l'écriture réaliste et naturaliste au dix-neuvième siècle. Ses articles sur la description, le personnage, le réalisme ("un discours contraint") ont marqué les études littéraires, tout comme ses livres (Texte et idéologie).

  • J'ai découvert Trieste en faisant mon premier voyage comme employé de la Compagnie Internationale des Wagons-Lits, au début des années 1980. Au fil des années, j'y retournerai souvent. Je fréquentais pendant mes haltes la Libreria Internazionale Italo Svevo, où je rencontrai Bruno Maier, grand lettré italien, qui m'ouvrit sa bibliothèque et me fit découvrir de précieux trésors oubliés du monde triestin et istrien. Au mois de mars 2017, je tombai sur une dépêche de l'Agence de Presse italienne ANSA, qui annonçait la découverte d'une dizaine de lettres échangées entre le mythique Roberto (Bobi) Bazlen et Anita Pittoni. Anita s'apprêtait, en 1949, à lancer une maison d'édition, le Zibaldone, et demandait à son ami Bobi d'y participer. Je connaissais Anita Pittoni comme éditrice d'un des catalogues les plus raffinés de l'Europe de l'après-guerre et voilà que je découvrais l'écrivaine, avec ses lettres et son Journal, que venait de publier le libraire Volpato. C'est alors que j'eus une vision : libraires et éditeurs, artistes, écrivains et poètes : tous ces artisans ne formaient qu'un seul monde, le monde de la beauté et de la connaissance qui révèle à chacun son identité. Pendant quelques mois, j'écumais les librairies et les Archives de Trieste, dans une enquête qui me porta de rencontre en rencontre. Ce fut le début d'Alphabet triestin. SB

    Samuel Brussell est l'auteur de nombreux essais et récits romanesques. Il a fondé et dirigé les éditions Anatolia de 1992 à 2011. Il collabore aux pages littéraires du journal Le Temps. Alphabet triestin est son douzième livre.

  • Avant de s'en aller : Saul Bellow, une conversation avec Norman Manea Nouv.

    Cet entretien de 1999, enregistré à Boston, traverse le XXe siècle. Des origines familiales juives de Russie des parents de Saul Bellow, forcés de fuir le régime tsariste et d'émigrer au Canada, à sa vie américaine à Chicago. Il s'y dessine les tensions fécondes de son enfance entre la nostalgie et la tradition juive des parents, l'éveil à l'altérité et la volonté inébranlable de son grand frère de devenir américain. La guerre des langues et l'importance de la possession de chacune est évidemment soulignée.

    C'est aussi une discussion sur le grand roman contemporain, sur la littérature juive-américaine dont Saul Bellow a été l'un des créateurs, sur ses rapports avec les autres écrivains, Isaac Singer et Philip Roth en tête.

    Saul Bellow (1915-2005) est un écrivain américain d'origine russe. Fils d'émigrés juifs, il a écrit une vingtaine de romans qui ont bouleversé la littérature américaine dont le fameux Herzog. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1976.

    Norman Manea (1936-) est un écrivain roumain vivant aux États-Unis. Il publie ses premiers textes en Roumanie mais, classé dissident en 1986, il émigre à New-York. Ses écrits portent surtout sur la Shoah, la vie quotidienne dans un état communiste et l'exil.

  • Pour les Suisses, il n'y a jamais qu'un « Général », ce grade étant réservé au commandant en chef, désigné à l'heure du danger. Le 30 août 1939, l'Assemblée fédérale élisait le « Général » Guisan à une immense majorité et lui confiait la tâche de commander l'armée helvétique pendant la nouvelle guerre mondiale. On sait la confiance, l'attachement et la popularité extraordinaire que le chef vaudois inspira au peuple et à l'armée, du commencement à la fin de sa mission. On sait la fermeté avec laquelle, en 1940, il fit front devant les dangers qui menaçaient le territoire suisse, isolé et encerclé, et la décision, audacieuse et judicieuse, qu'il prit alors, d'installer l'armée fédérale dans un « réduit national » où il la prépara à combattre jusqu'à l'épuisement de ses ressources. On sait enfin à quel degré d'entraînement il haussa, jusqu'au terme des hostilités, la force qui lui était confiée au coeur de l'Europe, et le degré auquel il porta son moral. Voici l'ouvrage qui retrace, au jour le jour, comment le Général Guisan conçut et accomplit sa tâche. Son auteur, Bernard Barbey, n'était pas officier de carrière. Romancier, auteur de « Coeur gros », de « La maladère » et du « Crépuscule du matin », il avait cependant, avec le plus grand nombre de ses camarades de l'armée suisse, deux vocations : la sienne et sa vocation d'officier. Appelé en juin 1940 par le Général aux fonctions de chef de son état-major particulier, le Major, puis Lieutenant-Colonel Barbey fut donc son collaborateur intime et son témoin jusqu'à la fin de la guerre. Ce livre présente les fragments du journal qu'il écrivait pour « faire le point », soir après soir, sans autre prétention que de fixer les faits et les traits, de noter les choses vues et entendues, les impressions du moment. Il est sans doute le plus vivant témoignage de la manière dont la suisse, et sa vigilante armée, passèrent ces cinq années si dramatiques pour le monde entier.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Pour les Suisses, il n'y a jamais qu'un « Général », ce grade étant réservé au commandant en chef, désigné à l'heure du danger. Le 30 août 1939, l'Assemblée fédérale élisait le « Général » Guisan à une immense majorité et lui confiait la tâche de commander l'armée helvétique pendant la nouvelle guerre mondiale. On sait la confiance, l'attachement et la popularité extraordinaire que le chef vaudois inspira au peuple et à l'armée, du commencement à la fin de sa mission. On sait la fermeté avec laquelle, en 1940, il fit front devant les dangers qui menaçaient le territoire suisse, isolé et encerclé, et la décision, audacieuse et judicieuse, qu'il prit alors, d'installer l'armée fédérale dans un « réduit national » où il la prépara à combattre jusqu'à l'épuisement de ses ressources. On sait enfin à quel degré d'entraînement il haussa, jusqu'au terme des hostilités, la force qui lui était confiée au coeur de l'Europe, et le degré auquel il porta son moral. Voici l'ouvrage qui retrace, au jour le jour, comment le Général Guisan conçut et accomplit sa tâche. Son auteur, Bernard Barbey, n'était pas officier de carrière. Romancier, auteur de « Coeur gros », de « La maladère » et du « Crépuscule du matin », il avait cependant, avec le plus grand nombre de ses camarades de l'armée suisse, deux vocations : la sienne et sa vocation d'officier. Appelé en juin 1940 par le Général aux fonctions de chef de son état-major particulier, le Major, puis Lieutenant-Colonel Barbey fut donc son collaborateur intime et son témoin jusqu'à la fin de la guerre. Ce livre présente les fragments du journal qu'il écrivait pour « faire le point », soir après soir, sans autre prétention que de fixer les faits et les traits, de noter les choses vues et entendues, les impressions du moment. Il est sans doute le plus vivant témoignage de la manière dont la suisse, et sa vigilante armée, passèrent ces cinq années si dramatiques pour le monde entier.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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